C’est de la presse – de ceux qui la font, des malentendus et quiproquos qu’ils créent ou entretiennent, le plus souvent malgré eux ou sans même y penser – que traite ce livre.
La toile de fond est le Moyen-Orient, où notre homme a été pendant 5 ans correspondant pour la radio, la télévision publique et deux des plus grands quotidiens néerlandais. Le « style » Luyendijk s’affirme et rayonne dans ce livre. Humour, ironie et autodérision donnent un résultat caustique. L’ouvrage est bien bâti et repose sur de rigoureuses connaissances et sur une expérience du terrain peu commune. Il fait montre également d’une très grande honnêteté à propos du journalisme et ce, de la part d’un journaliste.
Joris Luyendijk fait vaciller pas mal de certitudes et apporte des nuances à des convictions et à un vocabulaire qu’en Occident nous ne remettons plus en question, par habitude, par lassitude ou par manque d’esprit critique. Des certitudes qui bâtissent notre connaissance et forment notre opinion, d’une manière pas forcément très conforme à la réalité, de ce qui se vit au Moyen-Orient. C’est parfois dérangeant pour les journalistes et tous ceux qui se sentent concernés par l’actualité. Notre certitude d’être « bien informés » est mise à mal. On en ressort plus « avertis », plus sainement « critiques », plus conscients des limites de l’information et des sources auxquelles puisent ceux qui nous la donnent. Dans ce sens, le livre est efficace, ce qui ne veut pas dire facile ou léger. Luyendijk est sévère mais humain, et surtout convaincant. En dépit du sujet pointu, relativement lié à l’actualité, il a écrit un bouquin qui interpelle largement au-delà des frontières néerlandaises. Peut-être un classique ?
Données techniques: Finition : dos carré collé, Format 14 x 20,5 cm , Date de parution : 25 novembre 2009
Editeur: Nevicata